La Maison Bleue

Vendredi dernier il pleuvait sur Cabourg — on en reparlera — mais auparavant j’avais noté, sur le site de la commune voisine de Dives-sur-Mer, qu’il était possible d’aller rendre visite, en fin d’après-midi, à la Maison Bleue, que je ne connaissais pas. J’y allai donc, tout engaillardi de la présence du maire communiste — cela existe encore et ce n’est pas un détail dans une ville où Tréfimétaux employa jusqu’à 2000 ouvriers avant de mettre la clé sous la porte en 1986 — venu saluer les dames de l’association qui, entre autres, récupère des fonds investis dans la protection du site. Celui-ci, inscrit à l’ISMH depuis 1991, en a bien besoin en dépit de sa mise hors d’eau il y a 10 ans.

Euclides Fererra da Costa, maçon d’origine portugaise soi-disant analphabète, acquiert le terrain en 1950 et contracte, peu après, une tuberculose invalidante. Le sort réservé par les ingénieurs soviétiques à la chienne Laïka en novembre 57 l’émeut au point de lui élever un cénotaphe dans son jardin. À partir de là il ne cessera d’imaginer, de bâtir, d’enrichir et de restaurer, autour de son œuvre initiale, des petits édifices en béton armé ornés de mosaïques. S’y promener (le terrain ne fait pourtant que 300 mètres carrés) est un enchantement à ciel ouvert. Les photos ci-après, trop nombreuses et joyeusement désordonnées, en donneront un aperçu a minima. Art brut, art doux, art naïf ; art pauvre, assurément. Vaisselle cassée et des bleus, inlassablement.

 

 

 

 

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