Un fil, de l’eau

Il y a deux ans, jour pour jour ou à peu près, j’envisageai une visite du Fonds Combier à Chalon-sur-Saône. Sans préparation, ce fut un échec et depuis, réflexion faite, je me suis rendu compte de l’inutilité de cette démarche ; à quoi bon manipuler, aussi minutieusement que possible, de vieilles cartes postales, photos, négatifs et positifs sans autre but que d’errer entre elles, sans projet, en somme. Il fut plus agréable, en définitive, de flâner le long de la Saône, sans but non plus mais en simple et attentive compagnie.

Hier après-midi j’allai voir une expo au Centre d’art de l’ancienne synagogue de La Ferté-sous-Jouarre. Deux voisines – et amies – Claude Baudin et Dominique Barberet Grandière (que j’abrège en DBG sur Twitter) y exposent, parmi d’autres artistes, leurs livres d’art, simples, complexes  ou leporellos (l’un d’entre-eux aussi beau et long qu’un jour d’hiver tardant à se lever), la plupart confectionnés par elles-mêmes. Au mur, quelques belles photos de Claude, qui travaille le numérique avec des procédés anciens. Leur site « la baraque de chantier » donne une idée plus précise de ce que je ne saurais dire. Je n’avais pas eu la possibilité d’aller, en Bretagne, vers Plougrescrant cet été, alors c’est une joie de les voir ici, en translation d’ouest en est, en quelque sorte. Suivent quelques photos plus ou moins explicites et à la volée de l’événement, et de ses à-côtés.

Claude Baudin et... DBG

 

 

 

*

L’endroit est aussi le musée André Planson, né sur le quai de l’autre côté de la Marne et dont l’ombre lumineuse plane à l’étage, en particulier ses gouaches extraordinaires de fraîcheur et de spontanéité (curieusement, cela se sent moins dans ses huiles sur toile, à mon sens plus convenues). En accord avec l’atmosphère, comme une évidence, revient  alors le souvenir de Pierre Mac Orlan qui submerge tout, et qui vécut pas très loin d’ici, à Saint-Cyr-sur-Morin (les photos devaient être interdites, je demande pardon à qui, de droit ou d’usage, entretient les lieux).

Et puis décidément, le fil de l’eau ne nous quitte pas ; on sait depuis longtemps ce que cela veut dire, plus ou moins.

Suippes, 1940

 

 

%d blogueurs aiment cette page :