Éloge du quart de seconde

 

En dépit de la réalité quantique, dédoublement des ondes-particules, avatars en plusieurs endroits du labyrinthe et solution immédiate, puissance de calcul, création de monnaie et entourloupe à endiguer les marées, il faudra toujours un quart de seconde pour tourner les reins, le torse, accompagner des épaules la rotation du cou et, au détour d’une plaine de vase ou d’un champ de maïs, retrouver dans la seconde qui suit le terrain de son enfance, ses ébats, l’insouciance sans limite ; les jours sans fin, le sommeil inaltérable dans les bras d’une mère, ses baisers si doux et les bêtises à faire au fond du jardin.

Et nous voilà doubles nous-mêmes, aussi imparfaits et éloignés que deux particules élémentaires qui se seraient perdues loin du calculateur. Humains.

 

Souvenir bref et liquide

 

 

Le jardin était caché par une station-service à vendre en l’état, à distance d’une allée de troènes et de fusains dressés parmi les pierres jusqu’à ce que, tout à coup, une maison s’allonge.

Tu prenais des boutures, j’ai posé un baiser sur le dos de ta main et j’ai vu monter les fourmillements le long de ton bras jusqu’au cou avant que, subitement, la situation m’échappe.

C’était il y a longtemps, parfois le ciel m’en est témoin. Un épais feutrage de mousse remplace peu à peu le gazon primitif au point que dans l’humidité, soudain des champignons explosent.

 

 

La ronde N° 34 : épreuve(s), par Frisch

C’est aujourd’hui la ronde, suite de textes en échanges, avec pour thème le mot « épreuves(s) ».

Principe : le premier écrit chez le deuxième, qui écrit chez le troisième, et ainsi de suite jusqu’à ce que la boucle soit bouclée.

J’ai le grand plaisir de recevoir cette fois-ci l’ami frisch, auteur du blog jfrisch — la vie de Joseph F, avec une communication dont il a le secret.

Je me déplace pour ma part chez le métronomique (et néanmoins ami) Dominique Hasselmann.

Gratitude à eux deux, à tous ceux qui font la ronde, et à leurs lecteurs !

Patchwork

Véhicule où dans la nuit un couple parle sous la lumière du plafonnier; discussion grumeleuse, des sièges en cuir clair, ils semblent dans une sorte de salon, isolés du monde, calmes, urbains, nocturnes, causant affaires, alors que la pluie commençait. De l’autre côté de la rue un grand appartement. Plafond élevé, éclairage indirect et sur le mur de biais, un tableau avec un paysage de collines vert malachite, nuages arrondis, voluptueux, un hameau ? Un empilement de construction en torchis (à cette distance on ne verra pas les détails) on peut penser à un paysage imaginaire. Ou bien une estampe décorative très chère mais sans beaucoup de valeur.

L’après-midi l’ombre tatoue la façade de verre fumé, une jeune jupe rouge sort et se dirige vers le boulevard et traverse les rails du tram.

Amazonen Dreef

Naturellement le droit à l’image non jamais photo

Mais oui si vous pensez…

Seulement ahaha mais

Je vous l’assure le droit

Mais ceci n’empêche absolument pas de vous rac…

Charlequin

Je pense dit Joseph, que le langage est plus précis que la photographie.

On pourrait absolument tout savoir de son trajet. Omniscient. Les différentes stations, le labyrinthe, par exemple ce parcours en baïonnette depuis le boulevard Raspail par la rue Campagne Première puis le boulevard Montparnasse qu’elle prenait (numéro 148). Absolument.

Pouvez-vous définir : boulevard : s’agit-il bien d’une voie inévitablement rectiligne ?

Votre voix est elle légitime ? Rectiligne ? Juste ? Pensée correcte : car sinon camp de rééducation chinois , Xinjiang (du chinois : 新疆 ; pinyin : Xīnjiāng ; litt. « nouvelles frontières »), ou Sin-kiang quarante cinq millions de morts. Grand bond en avant. Sans transition passe à autre chose, voix empreinte de légèreté soudain sujet léger fait-divers. On oublie vite. On ne dit pas publicité mais réclame. Jingle.

Lightspeed

On parle bien n’est ce pas de boulevard circulaire, périphérique, mais aussi d’artères de circulation. À ce propos anatomique qu’est-ce qui est le cœur de la ville, l’origine des artères -rectilignes –  ? Montparnasse ? Atomique ?

Jupe rouge, voluptueuse, photo de la jeune femme assise le buste en arrière sensation de bien-être. Sur un pouf. Goudron fumé. Tueuse.

En japonais Moya-Moya : fumée montant dans l’air du matin.

Marché à Arles fruits & légumes fenouil (plus loin lac ou plutôt un grand étang. Lac Balaton si peu profond. Oxyde de cuivre bleu-vert, Katanga, nuages arrondis , Prinsenhof, Charles Quint à l’emplacement me dit-il de la cage du lion (1535). Ancien couvent.

Une série de plafonniers s’allume, l’un après l’autre alors que la jeune femme s’avance lentement (corsage d’Arlequin, losanges, penser à l’huile Lesieur, même motif). Une lumière feutrée. Velours.

Une brosse avec une fente au centre.

Envoi à H. Michaux, agréable exemplaire truffé d’une lettre de l’auteur. 1250 euros.

– si je comprends

– pas de la littérature ça ce qu’on cherche c’est vraiment autre

– Il n’y a pas de continuité de la pensée .. ne voit pas le film, ..on perd le fil

– ne comprends rien

– taches assemblées organisées ou plutôt désorganisées, damier comme un paysage urbain vu d’avion

– je comprends

S’était prise subitement cette semaine là d’un amour fou du théâtre, de leur visage convulsé, en noir et blanc, affiché à l’entrée de la salle.

Devant la fenêtre il regarde vers l’immeuble en dessous, dessus nuages, Rubens, dont la frange argentée. Dessous donc paysage d’une dizaine de maisons de styles différents, ainsi des petits balcons superposés comme des jardins d’hiver, zinc, briques, tuiles, une grande baie arrondie, climatiseur saillant sur la façade et même une sorte d’œil de bœuf (Œ).

Lætitia avec robe rouge fendue, joli brin, collant brun fumé châtaigne . Bruxelles. E dans l’A. Esperluette.

Boerenbrug weg

Cimetière Montparnasse

Suresnes

Saints-Pères

Sonia Rykiel

Chapelle expiatoire

Balconnet.

La toute jeune fille, porte l’ enfant sur le bras gauche, le présentant de l’autre main et lui, tenant le monde, bénissant de sa main droite, leurs regards croisés, méditatifs, elle pensive, Un sentiment évident de confiance. Le manteau rouge de Marie, l’enfant blanc, les mains au centre, le croisement des regards l’addition des deux auréoles. Amour virginal de Lætitia, aréoles dorées (Grande Chaumière). En bas de l’estampe à droite cartouche rouge, hanko marquait l’empreinte.

Pâtes langue d’oiseau (khritaraki)

Filles se tenant par la taille dans les allées

mandorle 

seins boudeurs

Harlequin

Het Duivelshol

J’attendais là, mais la pluie a recommencé vers 11h30, et le jardin fut rapidement constellé de feuilles de hêtre, petite monnaie cuivrée dorée sur le gazon. Pièces détachées.

texte, photos : Frisch

La ronde tourne cette fois-ci dans le sens suivant :

Métronomiques, Dominique Hasselmann

chez

Éclectique et Dilettante, Marie-Noëlle Bertrand

le portrait inconscient, Giovanni Merloni

à l’envi, Franck

talipo, Noël Bernard

Promenades en Ailleurs, Marie-Christine Grimard

jfrisch, la vie de Joseph Frisch

etc.

— prochaine ronde vers le 15 décembre —

Relativement parlant

Je ne sais plus très bien ce que j’avais à dire

Il eût été question, je crois, de la venue de l’un, et du départ d’un autre

Personnes de la vie, qui s’en soucie

Tension d’un jour vers le minuscule, comme un objet céleste à la gravitation exacerbée, relativement parlant

C’est très insuffisant, mais la pluie, et le vent

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