Égarées dans la fable

un matin au réveil l’air est si léger, si doux l’orage était sec et l’esprit attentif, sans distraction, reposé un Cessna laborieux n’en finit plus de passer, soixante ans de solitude mécanique les Manouches ne sont plus là, disparus des...

Une minute en mai, V

L’été, on s’arrêtait pique-niquer à la naissance d’un chemin au bord d’une départementale. La table de camping Lafuma était retirée du dessus des bagages dans le coffre de la 404 et stabilisée dans l’herbe avec des cailloux. À la fin du...

Une minute en mai, IV

Tes cheveux autrefois, les doigts s’y perdent en jouant du tambour, le vent y dessine des rivières elles caressaient tes muscles, ton dos La main comme une prière désormais, un frisson parcourt la joue, le cou, tes yeux baissés sur le sable couleur de soie...

Une minute en mai, III

On en parle beaucoup, on ne fait rien derrière, à murmurer comme les lézards près des plantes du Carbonifère, vous nous survivrez sans doute dans la chaleur infernale comme résistera Jules Verne sur la plage près du grand lac au centre de la Terre (une minute trente....

Une minute en mai, II

Les amies orchidées chantaient, à l’abri du vent d’est, un air marin très doux au bord de la luzerne Du Benjamin Britten ? Il faudrait une ouïe fine, un pavillon sacré vers l’Orient tendu C’était donc du Ravel, un autre sortilège (Claude...

Une minute en mai, I

S’il existait une section « paysage » à l’agrégation, seraient admis aux meilleures places ceux qui n’ont rien dit, rien écrit ; ceux qui ont regardé en leur for. Peut-être Les gens qui écrivent tant et tant, à propos de la solitude, sont souvent...

Chronique d’une encre sympathique

Qui, pour encourager à briser ce silence (vicissitude d’un virus vibrionnant), un ami éloigné, le frissonnement de la langue, un souvenir maternel ? Parfois, en lisant quelque ouvrage, à l’aplomb d’une phrase surgissent en bloc, comme une bouffée d’éther :...

Rouler son monde

En posant une oreille, peu importe laquelle, sur le tronc d’un arbre on entend parfois, fruit d’une inattention, les mille pattes d’une iule cogner fort au tympan (un cul-de-sac, pourtant) : V’là l’printemps ! V’là l’printemps...

Cabanes

Les âmes marines, en suspension éphémère sur la dune au souvenir des années soixante-dix, vigies sur le rien comme un balcon en forêt, en apparence, ou comme le refuge obligé avant la conquête d’une montagne, ou au retour. Des traces sur le sable attestent une...

Sensible, après tout

Quand tout à coup, l’inouï d’une nuée de corbeaux freux bleu nuit fondant sur la terre, volet réanimé en détail d’un retable de Jérôme Bosch. Et les becs, de concert, de fouir ; vers de terre, némapodes, iules, taupes ; collemboles, acariens,...