Une minute en mai, III

On en parle beaucoup, on ne fait rien derrière, à murmurer comme les lézards près des plantes du Carbonifère, vous nous survivrez sans doute dans la chaleur infernale comme résistera Jules Verne sur la plage près du grand lac au centre de la Terre (une minute trente....

Une minute en mai, II

Les amies orchidées chantaient, à l’abri du vent d’est, un air marin très doux au bord de la luzerne Du Benjamin Britten ? Il faudrait une ouïe fine, un pavillon sacré vers l’Orient tendu C’était donc du Ravel, un autre sortilège (Claude...

Une minute en mai, I

S’il existait une section « paysage » à l’agrégation, seraient admis aux meilleures places ceux qui n’ont rien dit, rien écrit ; ceux qui ont regardé en leur for. Peut-être Les gens qui écrivent tant et tant, à propos de la solitude, sont souvent...

Chronique d’une encre sympathique

Qui, pour encourager à briser ce silence (vicissitude d’un virus vibrionnant), un ami éloigné, le frissonnement de la langue, un souvenir maternel ? Parfois, en lisant quelque ouvrage, à l’aplomb d’une phrase surgissent en bloc, comme une bouffée d’éther :...

Rouler son monde

En posant une oreille, peu importe laquelle, sur le tronc d’un arbre on entend parfois, fruit d’une inattention, les mille pattes d’une iule cogner fort au tympan (un cul-de-sac, pourtant) : V’là l’printemps ! V’là l’printemps...

Cabanes

Les âmes marines, en suspension éphémère sur la dune au souvenir des années soixante-dix, vigies sur le rien comme un balcon en forêt, en apparence, ou comme le refuge obligé avant la conquête d’une montagne, ou au retour. Des traces sur le sable attestent une...

Sensible, après tout

Quand tout à coup, l’inouï d’une nuée de corbeaux freux bleu nuit fondant sur la terre, volet réanimé en détail d’un retable de Jérôme Bosch. Et les becs, de concert, de fouir ; vers de terre, némapodes, iules, taupes ; collemboles, acariens,...

Vagues souvenirs sous papier bulle

Quoi de plus doux, qui de plus apaisant sauf les petites notes de musique en pluie sur les ardoises, le pare-brise, les vitrines, nos écrans, ce qui nous sépare. Au bout du couloir les puces et les antiques, loin de Paris, ont presque l’air de se demander...

La rencontre au talus consignée

Pendant la promenade, un grand frêne faisait des signes incompréhensibles à qui voulait bien l’entendre Cela sentait le coup fourré À la fin de l’été, ou peut-être en automne, déjà (c’était pourtant il y a un bail), un particulier naïf ou dégagé a...

Le bois de vache flottée

Des transparences de réel subsistent encore dans la route sinueuse qui monte à la butte. Le livre offre une récompense à qui tranchera dans le sommeil des tissus métamorphosés, au vif de la mémoire plissée des anciens locataires. L’entretien du matin : franchir...