Les nuages – ces grands sentimentaux – ont des visages très expressifs, un peu à la manière des araignées domestiques qui profitent de l’automne pour regagner les angles du plafond (Odilon Redon en a saisi quelques-unes), il faut pour bien faire savoir lever la tête, on les voit qui nous sourient

Mais le vent, ici, impose un train tout militaire, marche furieuse démentie par le contact du sable sous les pieds (il existe des guérisseurs qui travaillent la plante des pieds pour soigner telle ou telle affection ; ils n’ont sans doute jamais marché pieds nus sur le sable, ou ils ont oublié, ou alors parce que c’est gratuit, quelle horreur)

Parfois, les nuages filent dans le sens opposé au vent apparent : des antimilitaristes, à l’évidence

Écoutons gronder ces opposants irrésistibles à visage découvert

La mer remonte dans douze minutes, précison horlogère congénitale, rien à faire

Toutes ces idées bizarres qui passent par la tête quand on est seul au soleil dans sa fibre polaire sur la peau nue

Les traces de pas s’effacent toutes seules dans le sable mouillé, on entend parler quelques mouettes intelligiblement et les crevettes ont l’air soucieuses. On aimerait pouvoir s’accrocher au poteau comme la sage bernique (ou la moule rieuse) le temps de la marée et, sous son bouclier, rester. Rester

(photos à Hauteville-sur-Mer le 25 septembre, déjà)

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