Échos

Au nord, la vigne vierge percluse d’énucléations (cruauté des étourneaux, sauvagerie, tentation des graines d’un rouge trop profond, presque bleu) n’a pas perdu de sa superbe, structure intacte sur les parpaings implacables, prête à l’assaut du printemps à venir, pour un peu toutes les lignes trembleraient comme une armée sur le qui-vive

Au sud, c’est beaucoup plus calme. Ne restent que les rejets fluides et incertains de l’érable du Japon (acer japonicum vit en vase clos dans un pot, un gros bonsaï compressé du pied comme des jeunes chinoises sur des vieilles photos) où bientôt l’on verra de minuscules pousses vertes et duveteuses comme une adolescente. Le tout en a déjà la grâce

Entre, il n’y a pas photo. La possibilité de n’être plus ici dans un avenir incertain. Des cerveaux en température et des corps en pression (en quelque sorte une théorie cinétique des gaz). Ah, s’il était possible de bouger librement sans que l’honneur du monde en fût affecté. Les chiens abandonnés que nous avons nourris décideront de rester ou seront du voyage, on en fait le serment participatif. Et les livres vieillis, à la rue ! L’écriture ne meurt pas de si faibles tourments

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