Dans la tristesse des invendus noircis de pluie et de rosée, dans le contrejour des apparences, le terrain domestiqué à l’excès devrait être rendu aux bêtes sauvages

elles nous observent depuis les âges avec les mêmes yeux

inchangées, elles auront vu naître d’autres espèces

s’armer d’impatience à la saturation

elles les regardent encore du même œil indifférent

avant d’être tuées par ceux qui puisent leur geste dans l’amour de la nature (aimeraient-ils David Hockney, improbable hypothèse, qu’ils en lacéreraient sans doute les toiles numériques)

En bref, libre est la voie, venez

avec vos poux, vos tiques, toute la ménagerie du vivant sous la fourrure

vos crocs, griffes et muscles précis, gestes a minima

Bandes de blaireaux, renards et musaraignes

orvets et limaçons

Le moment venu, vous connaitrez peut-être un semblant de résistance, qui sait

avant l’hiver, la campagne se joue des tours de force de l’âge, ultime parade érotique

certains parfums enivreraient les plus paisibles et les moins belliqueux

proies si faciles

fureur et tremblements de quat’sous


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