De quelque manière on aborde la ville, en train, à cheval ou par voie de mer, les deux tours de la cathédrale accrochent le ciel et le regard, immanquablement. C’est un fait.

La tentation était grande d’y aller voir, de plus près.

À l’extérieur, une foule modérée écoutait les avis d’une dame agréée par la ville dans le but de proposer des informations à qui en avait exprimé le souhait. Elle avait l’air de maîtriser son sujet, avec des phrases intelligibles, précises et courtes (à l’inverse de celle que je viens de produire).

Pour dire les choses, notre idée était de nous introduire au cœur même de l’objet désiré, d’en admirer la beauté sans commentaires particuliers (dans les faits, c’est impossible, comme après un beau film, le cœur déborde, et il n’y a jamais trop de temps, jamais assez de compagnons pour en découdre avec notre ravissement).

Par bonheur, une guide-conférencière se préparait à conduire une poignée de visiteurs dans les parties hautes de la cathédrale. Il fallait juste avoir plus de douze ans, et payer huit euros.

Un escalier s’ouvre au pied de la tour nord et mène au triforium. Encore quelques marches, puis, se faufilant méticuleusement (on pourrait dire : religieusement) sous les poutres de la charpente, on accède à l’intérieur même de la tour-lanterne. Il est possible d’être pris de vertige, ou de conversion, ou les deux à la foi(s). Dans ces conditions subtiles et précaires, le smartphone prend les photos presque tout seul, en mode automatique.

Revenu sur terre, au mur d’une des chapelles créées dans les contreforts de la nef, et qui se répondent ici comme des miroirs, on aperçoit un très ancien graffiti. C’est une nef, autrement.

La mer aussi est proche.

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