L’été, on s’arrêtait pique-niquer à la naissance d’un chemin au bord d’une départementale. La table de camping Lafuma était retirée du dessus des bagages dans le coffre de la 404 et stabilisée dans l’herbe avec des cailloux. À la fin du repas on regardait les fourmis passer sous nos jambes entre les sandalettes, on essayait de deviner dans quel sens se dirigeait le flux principal. Ensuite on regagnait nos places sur la banquette arrière, au milieu entre mon frère et ma sœur il me fallait relever les jambes à cause du passage de l’arbre de transmission. Je conduisais l’auto en même temps que mon père, les bras tendus sur un volant imaginaire.

J’ai conservé au grenier la table Lafuma dans son carton d’origine. En été on s’en sert au jardin comme desserte pour poser des bouteilles, de la vaisselle ; les petits-enfants courent autour dans l’herbe en faisant la course avec les abeilles. Parfois j’ai l’illusion d’entendre ma mère leur demander de rouler moins vite.



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