Qu’y a-t-il donc de si troublant, de si défendu à regarder la mer depuis la côte, sa frontière secrète, indéfendable, son horizon versatile faussement géométrique et son ciel médusé ?

S’accordent à son sujet beaucoup de fausses paroles aux mots creux délavés. Dans les faits on entend à peine les jambes des chevaux qui tricotent et le froissement de soie des roues sur la grève. Les bribes réverbérées d’une conversation sont amorties par l’épaisseur sans tain d’une couche d’eau salée. On admire sans trop de mots, mais les mots se fichent de notre avis et nous trompent incessamment comme le temps fait des jours.

Au retour, toute une variété de cliquetis aux tempi désaccordés encouragent l’horloger au chevet de sa loupe. Il a réussi à faire redémarrer une montre suisse qui trottait depuis toujours dans mon esprit au poignet de mon père. Reviennent alors en mémoire des mots rassurants et amusants après la bataille toujours recommencée.

Sidney Birchall, horloger à Coutances (50)


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